Lalibre.be : L’épreuve du CEB sera adaptée pour les enfants dyslexiques

LAURENT GÉRARD Publié le – Mis à jour le 

Un enfant aveugle ne subira jamais un examen écrit. Un enfant sourd ne subira jamais d’examen oral. Un enfant dyslexique aura-t-il jamais un jour la chance de passer ses examens de façon orale et non scripturale ? » Ce témoignage recueilli par l’Association belge de parents d’enfants en difficulté d’apprentissage (1) illustre à merveille la problématique des adaptations indispensables aux élèves atteints de troubles de l’apprentissage. Ces enfants souffrent de déficiences qui ne sont ni motrices ni sensorielles, mais possèdent une origine neurologique. Leurs pathologies (dyslexie, dyscalculie, dysphasie, dyspraxie ou dysgraphie – soit les « dys » – ainsi que les troubles de l’attention) sont invisibles à l’œil mais ont des répercussions quotidiennes bien réelles et visibles sur les productions écrites des enfants. Par ailleurs, ces troubles sont récurrents et durables : pourquoi les aménagements dont bénéficie l’élève durant l’année ne pourraient-ils pas être d’application lors des épreuves certificatives ?

C’est dans cette logique que l’Apeda, bien que consciente de toucher là à des questions d’équité et de favoritisme, a demandé que l’épreuve du CEB (certificat d’études de base, soit le diplôme de fin de primaire) puisse faire l’objet d’adaptations pour les enfants souffrant de troubles de l’apprentissage, comme c’était déjà le cas pour les élèves aveugles ou sourds. Les « dys » ont obtenu gain de cause, puisque la récente circulaire relative à l’épreuve externe commune de fin de primaire établit que « les directions d’école signalent à l’inspecteur de leur secteur les enfants atteints de troubles de l’apprentissage et qui ont des besoins spécifiques. Le chef d’établissement indique également les modalités particulières mises en place lors des apprentissages et les modalités qu’il envisagerait de mettre en œuvre lors de la passation des épreuves. L’inspecteur de chaque secteur est chargé de valider les propositions de la direction d’école ». Selon l’Apeda, l’inspecteur ne pourra plus refuser des adaptations « au nom des troubles de l’apprentissage » – ce qui était encore possible l’an dernier – mais pourra par contre se prononcer sur la faisabilité des moyens de compensation sollicités et vérifier que ceux-ci ne donnent pas la réponse aux questions posées. En effet, pour l’Apeda, « le principe ne consiste pas à demander moins mais à interroger autrement ». La question de base est « quelle est la compétence visée à travers cet item ? ». D’où cette sous-question : la formulation proposée et le mode de réponse attendue n’entravent-ils pas la compétence que je souhaite évaluer ?

 

Désormais, les thérapeutes pourront donc proposer des aménagements pour chaque enfant ayant fait l’objet d’un diagnostic clair : octroyer l’aide d’un auxiliaire qui peut écrire sous dictée; lire les consignes oralement; utiliser un logiciel adapté, un dictionnaire informatique, un cache pour diminuer la confusion visuelle induite par un tableau à double entrée; permettre l’examen oral; etc. Des mesures à adopter et adapter au cas par cas.

L’officialisation de la possibilité d’aménager les épreuves du CEB réjouit l’Apeda, qui estime cependant que ce n’est qu’une étape : l’enseignement secondaire devra suivre. Avec toujours pour ligne de conduite l’intégration des élèves à besoins spécifiques dans l’enseignement ordinaire. Ces derniers sont nombreux : selon l’Apeda, la seule dyslexie touche de 3 à 10 % de la population, soit, en moyenne, jusqu’à deux enfants par classe.

 

(1) www.apeda.be.

 

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