Éditorial de juillet 2021

Pour la gratuité des logiciels d’aide à la lecture et à l’écriture !

Comme l’APEDA le revendique, équiper un élève présentant un trouble de l’apprentissage d’un outil numérique en classe – PC portable, iPad, Chromebook – lui permet d’accomplir sa scolarité plus sereinement et avec beaucoup plus de succès. Notre longue expérience de terrain, les témoignages que nous recevons mais aussi la recherche scientifique prouvent la grande utilité de tels outils, et donc leur indispensable nécessité.

Malheureusement l’utilisation d’un outil numérique a un coût très important. Au matériel suffisamment performant à acquérir, (PC portable, iPad, Chromebook avec parfois écran tactile et stylet) s’ajoutent les séances auprès d’un.e professionnel.le  qui permettront  à l’enfant de devenir autonome dans l’utilisation de son outil numérique en classe. Enfin, s’additionne encore le coût des logiciels d’aide spécifiques qui sont indispensables à la bonne utilisation d’un outil numérique pour compenser le trouble de l’enfant. L’aide publique pour ces différents postes est encore trop réduite, voire inexistante aujourd’hui.

La Belgique est pourtant signataire de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. Cette convention impose aux Etats signataires l’obligation, entre autres choses, de favoriser l’égalité des chances, la non-discrimination, l’accessibilité, l’inclusion dans la société, l’éducation adaptée des personnes et des enfants en situation de handicap. La gratuité des logiciels pour les élèves présentant des troubles de l’apprentissage n’est donc certainement pas un luxe ni même une nécessité, mais une obligation légale et morale que de nombreuses familles attendent pour offrir cette égalité des chances, cette non-discrimination, cette accessibilité à leurs enfants en situation de handicap.

En communauté flamande, le gouvernement prend en charge depuis l’année scolaire 2017-2018 le coût d’un logiciel d’aide à la lecture pour tous les élèves de l’enseignement néerlandophone. C’est le département Enseignement de l’administration flamande qui a rapidement poussé les autorités à intervenir, non seulement pour mettre en application cette convention, mais surtout pour répondre aux difficultés sur le terrain que de tels outils permettaient de contourner. Tous les détails techniques de la mise en place de cette gratuité se sont ensuite réglés entre les éditeurs de logiciels, les pouvoir publics et ADIBib, la bibliothèque numérique de manuels scolaires convertis pour être facilement utilisables par ces logiciels, dont NumaBib est l’exact équivalent côté francophone.

Grâce à la plateforme créée par ADIBib, il est extrêmement simple d’obtenir cette gratuité. Chaque élève présentant un trouble peut ainsi choisir directement et très facilement surADIBib quelle licence de logiciel d’aide il ou elle souhaiterait obtenir gratuitement pour faciliter la lecture de ses manuels scolaires utilisés en classe. Lors de l’année scolaire 2019-2020, plus de 30.000 élèves portant un trouble de l’apprentissage ont ainsi pu bénéficier de cette gratuité dans l’enseignement néerlandophone.

Côté francophone, tout cela n’a pas encore été mis en place. Pourtant, l’inclusion des personnes en situation de handicap et l’égalité de leur traitement est une volonté affirmée par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans sa déclaration de politique générale. De plus, la plateforme NumaBib est déjà prête pour régler les aspects techniques de cette gratuité.

Lors de la journée Dys-gitale organisée par l’APEDA le 9 octobre prochain, nous réaffirmerons l’importance des outils numériques comme moyen de compensation et réclamerons à nouveau aux autorités politiques cette gratuité. Nous espérons être entendus.

Geoffroy d’Aspremont, Directeur opérationnel de l’APEDA.