Dyspraxie

 

La dyspraxie est une anomalie de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires et se traduit par la difficulté à réaliser des praxies, c’est-à-dire des séquences de mouvements volontaires pour interagir avec l’environnement. Ces praxies sont mal, peu ou pas automatisées. La réalisation d’un geste résulte de la gestion coordonnée et automatique de nombreux facteurs temporels et spatiaux qui ont fait l’objet d’une pré-programmation cérébrale. Celle-ci est incomplète, voire inexistante chez les dyspraxiques et le geste ne devient jamais automatique et nécessite toujours un contrôle volontaire extrêmement fatigant.

Exemples: rouler en bicyclette, écrire, lacer ses chaussures, s’habiller, manger, ouvrir une bouteille, lire…

Un enfant dyspraxique ne peut pas inscrire cérébralement certaines praxies correspondant à certains gestes, en dépit d’une exposition et/ou d’un apprentissage habituel. Mais c’est un enfant intelligent, curieux et beau parleur qui apprend avec plaisir et efficacité.

La dyspraxie est d’origine neurologique mais elle n’engendre aucun déficit intellectuel ou d’autre(s) trouble(s) envahissant(s) du développement. Elle entraine la plupart du temps une dysgraphie et parfois une dyslexie et/ou une dyscalculie et peut être accompagnée d’un trouble de l’attention plus ou moins important.

La dyspraxie est développementale, c’est-à-dire que l’apparition du trouble surgit tout au long du développement de la personne, peut perdurer à l’âge adulte et même nécessiter une réadaptation parfois assez conséquente.

Les termes de TAC (Trouble d’acquisition de la coordination) ou TDC (Trouble développemental de la coordination) sont de plus en plus utilisés pour parler de la dyspraxie.

 

Il n’y a pas une mais plusieurs dyspraxies (il y a autant de dyspraxies que d’enfants dyspraxiques).

On distingue plusieurs types de dyspraxies :

  • la dyspraxie constructive visuo-spatiale : Elle associe un trouble dans l’organisation du geste, un trouble du regard (avec ou sans trouble de la vision) et un trouble de la construction de certains composants de la spatialisation. Cette dyspraxie va avoir des incidences prédominantes dans les apprentissages scolaires de base (lecture, écriture, mathématiques,…)
  • la dyspraxie constructive non visuo-spatiale : difficultés d’organisation de l’espace (activités d’assemblage ou de construction, bricolage, couture, menuiserie, graphisme).
  • la dyspraxie idéatoire : difficultés d’utilisation et de manipulations d’objets et d’outils (ciseaux, couverts, crayon, tourne-vis, allumette,…) .
  • la dyspraxie idéomotrice : difficultés à réaliser des gestes symboliques et des mimes en l’absence de manipulations d’objet (faire « shut », mimer un geste,…)
  • Dys habillagela dyspraxie de l’habillage : difficultés à agencer, orienter ou disposer les vêtements lors de l’habillage (habits enfilés à l’envers, boutonner, utiliser une fermeture Eclair, faire ses lacets)
  • la dyspraxie orofaciale : difficultés pour réaliser des gestes simples ou complexes des organes de la phonation et du visage (langue, lèvres, mimiques) ex: siffler, souffler les bougies, faire des bulles
  • la dysgraphie dyspraxique : difficultés pour écrire (pas d’automatisation de l’écriture).

Il est fréquent de cumuler plusieurs dyspraxies. Il est nécessaire de faire pratiquer un bilan multidisciplinaire précis afin de poser un diagnostic fiable avant d’entreprendre des rééducations appropriées.

Retour au menu « Les différents troubles »