FAQ

« Pas trop tôt …mais pas trop tard non plus ».
La règle générale en ce qui concerne les outils de compensation est que ces derniers sont indispensables pour les élèves présentant des troubles d’apprentissages. Dans la mesure où ces troubles sont, par définition, spécifiques, sévères et persistants, il s’agira donc de s’assurer que les difficultés sont effectivement persistantes et résistantes à l’aide déjà apportée. On ne proposera donc pas d’emblée un outil numérique à un enfant qui présente des difficultés de lecture et d’écriture en début de 2ème primaire et pour lequel aucune prise en charge n’a encore été mise en place.
En revanche, il ne faut pas attendre trop longtemps non plus avant de mettre en place les outils de compensation. L’idéal est de ne pas en arriver à une situation où le jeune est découragé et où la spirale de l’échec s’est enclenchée. Lorsqu’un diagnostic est posé et qu’on sait que la progression de l’élève, même si elle est importante, ne lui permettra pas de répondre aux exigences scolaires, la question de l’intérêt de l’outil numérique pourra se poser. Un autre argument en faveur d’une attitude plus proactive est celui de l’acceptation. En effet, au plus tôt l’enfant se familiarise avec l’outil, au mieux il l’acceptera. La prise de conscience des bénéfices l’emportera plus facilement sur la peur du regard des autres.
Face à un trouble spécifique de type dyslexie-dysorthographie sévère, les aides technologiques peuvent être intégrées « à petites doses » assez rapidement durant la scolarité primaire. L’élève pourra ainsi les utiliser dans certaines situations mais continuer à rédiger ou à lire sans aide à d’autres moments. Bien souvent, on constate que l’enfant qui bénéficie d’une aide, même si elle est ponctuelle, va se sentir encouragé et davantage en confiance pour réaliser des tâches qui constituent une difficulté pour lui.
Face à une dyspraxie ou une dysgraphie, lorsque le geste graphique doit être contourné, les spécialistes du domaine, comme le docteur Alain Pouhet ou le docteur Michèle Mazeau, conseillent une mise sur ordinateur assez rapide. L’objectif est d’éviter que l’élève ne concentre toute son énergie sur le graphisme en début d’apprentissage, au détriment des compétences de base à acquérir comme l’orthographe par exemple. Dans ce cas-là, il ne s’agira pas forcément d’apprendre à l’élève à utiliser des logiciels spécifiques. L’apprentissage de la dactylographie associé à une maitrise d’un éditeur de PDF et d’un éditeur de texte sera bien souvent suffisant.

« Comment sa lecture peut-elle encore s’améliorer si la synthèse vocale lit à sa place ? », « Il ne va plus essayer de se corriger s’il utilise un logiciel de correction ! ». Toutes ces questions et ces remarques sont légitimes et doivent nécessairement se poser lors de la prise de décision par rapport à la mise en place d’un outil numérique.
« L’aide technologique ne fait pas le travail à la place de l’élève. Elle est un moyen de relever les défis de l’apprentissage. Elle n’élimine pas les difficultés. L’élève doit apprendre à l’utiliser de façon pédagogique. Il doit apprendre à porter un jugement critique sur les propositions faites par l’outil d’aide, lui aussi n’étant pas infaillible. L’outil assiste donc l’élève et lui permet de prendre conscience de ses erreurs et d’apprendre de celles-ci.
Elle permet à l’élève de développer ses compétences en favorisant son autonomie et son implication. Elle lui confère un rôle actif dans ses apprentissages, et plus encore, lui permet de progresser dans son cheminement scolaire. Puisqu’il est moins exposé à l’erreur, les bonnes notions s’enregistrent dans sa mémoire, lui permettant ainsi d’aller plus loin dans ses apprentissages. » (Ecole branchée, 2017-2018).
L’utilisation de l’outil numérique permet également à l’élève de respecter son rythme d’apprentissage.

Lorsque l’on met en place un outil numérique, il ne s’agit pas d’avantager un élève mais de compenser les désavantages liés à sa situation particulière afin qu’il puisse atteindre les mêmes compétences attendues à la fin de sa scolarité. Nous pouvons comparer l’utilisation d’un ordinateur pour un élève « dys » au port de lunettes de vue pour un élève myope par exemple. Dans ce sens, la mise en place d’aménagements raisonnables à l’école vise un principe d’équité et non d’égalité. L’équité consiste à attribuer à chacun ce dont il a besoin par opposition à l’égalité qui consiste à donner la même chose à chacun.

Est-ce que ce n’est pas « injuste » par rapport aux autres enfants de la classe ?

La tricherie n’est pas plus présente chez les « dys » que chez les autres et est assez exceptionnelle car l’élève dys a trop besoin de son outil. Perdre la confiance des enseignants l’en priverait définitivement. On peut de toute façon demander de nettoyer l’ordinateur pour le jour des examens, éventuellement créer une session uniquement pour les examens et de s’assurer qu’il n’y ait pas d’accès internet afin de réduire les possibilités de puiser ou de communiquer de l’information.

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