Interview de GABRIEL MUSAMBI le 11 février 2026
Je m’appelle Gabriel Musambi et j’ai 20 ans. Je suis escrimeur semi-professionnel avec un contrat ADEPS et je suis dans l’équipe belge depuis cette année. J’ai été diagnostiqué TDA et dyspraxique visuo-spatiale.
J’ai été diagnostiqué vers la 6e primaire. J’ai commencé l’escrime la même année. C’était très compliqué à l’école parce qu’il n’y avait personne derrière moi ; ça embêtait le directeur de devoir mettre des choses en place.
La pratique de mon sport aussi était compliquée parce que l’escrime requiert beaucoup de coordination main-jambe et à cause de ma dyspraxie, je marchais souvent très mal, un peu en canard. Le sport m’a beaucoup aidé pour ça vu que les pieds à l’escrime doivent être vraiment bien droits.
Non. Ils étaient normalement obligés de le faire. J’étais allé voir un ergothérapeute pour avoir un ordinateur en classe et à la maison mais ça les embêtait. Ma mère a toujours été très compréhensive et elle a toujours essayé de m’aider par exemple à acquérir un ordinateur. Nous avons eu beaucoup de rendez-vous avec le directeur et le PMS pour mettre des choses en place. A part des feuilles A3, je n’avais rien ; même pas plus de temps pour répondre aux tests. Moi j’étais gêné parce qu’on n’aime pas être différent devant tout le monde.
Ma 2e était l’année du COVID et ils n’ont pas voulu me laisser passer mon CE1D. Du coup j’ai quitté mon école de Liège en 2e secondaire alors que je n’avais pas envie de changer vu que j’avais des amis depuis la maternelle. Je suis allé dans une petite école de campagne pour doubler ma seconde. Là le soutien était incroyable mais comme la campagne ne me convenait pas je suis retourné à Liège avec à nouveau les mêmes problèmes.
En 3e ça se passait vraiment mal, mes résultats étaient très faibles. En plus c’est à ce moment-là que j’ai commencé à l’international en compétition d’escrime. A la délibé de classe, j’ai envoyé un mail à mon titulaire pour demander mon passage en 4e technique de qualification avec une réussite avec restriction. Grâce à ça, j’ai pu poursuivre mon secondaire en filière technique et en prenant sur moi parce que je n’ai jamais réussi à tracer des droites en géométrie par exemple à cause de ma dyspraxie, c’était très compliqué pour moi. Pourtant je ne pense pas être plus bête que les autres mais j’ai dû prendre sur moi énormément pour m’en sortir.
Dans mon club d’escrime, mon maître d’arme est ergonome aussi donc il connait le problème et il m’a toujours soutenu et encouragé jusqu’à aujourd’hui. C’était très compliqué au début parce que j’ai dû fournir énormément d’efforts pour réussir à coordonner mes mouvements. J’ai mis plus de temps que les autres mais comme j’aimais vraiment beaucoup ce sport, ça m’a motivé, j’ai persévéré et j’ai fini par bien progresser mais à quel prix parce que le soir je suis souvent épuisé après l’effort fourni ! En plus les entrainements ont lieu après l’école de 19h à 21h. Donc c’était une très grosse charge mentale et physique. J’ai dû faire des sacrifices parce qu’entre le sport et l’école il ne me restait plus beaucoup de temps pour autre chose. Mais comme j’aime énormément mon sport j’ai continué à 100% !
J’ai toujours voulu faire du sport. Au début je voulais pratiquer le foot, mais c’était compliqué à la maison et puis un jour, ma maman m’a demandé ce que je voulais faire comme sport et je lui ai dit l’escrime. Je ne connaissais pas vraiment ce sport si ce n’est via les 3 mousquetaires mais c’est un sport qui travaille vraiment les réflexes et c’est une chose que j’ai toujours voulu améliorer. Je trouvais que ça aidait dans la vie de tous les jours. J’ai commencé par quelques entrainements d’essai et je suis tombé amoureux du sport directement ! J’ai encore des photos où on me voyait tout rouge après l’effort parce que je me donnais à 100%. J’ai adoré dès le début et je n’ai plus lâché depuis !
Dans mon sport en tout cas, je sais qu’il y a un soutien à 100%. Certaines personnes commencent très tard (40 ou 50 ans) et il n’y a aucune discrimination, chacun est là pour ses objectifs. Chaque sport a son milieu et ce n’est pas toujours facile. Cela dépend fort du coach en fait. C’est sûr. Le mien a vu mon potentiel et il m’a suivi et encouragé depuis le début.
Le sport peut vraiment être la chose qui va les aider le plus. Souvent on a des problèmes à la maison parce que les notes à l’école ne sont pas bonnes et les parents ne comprennent pas toujours et pensent qu’ils ne font pas d’effort alors que nous fournissons le double d’effort pour compenser. Le sport nous permet d’acquérir un rythme, un cadre et c’est vraiment ce qui nous aide. En plus c’est une communauté qui permet de se faire pleins d’amis.
Témoignage d’une participante à une formation
« Institutrice primaire depuis 17 ans, je me rends compte que nous avons, dans nos classes, de plus en plus d’élèves ayant des difficultés. C’est pourquoi je me suis inscrite à la formation « Intégrer et utiliser l’outil numérique au service des élèves « dys » en classe ».
Cette formation a été largement à la hauteur de mes attentes.
Dans un premier temps, les formatrices nous ont exposé les différents cas et nous ont permis de nous mettre dans la peau de ces élèves. J’ai d’ailleurs été très interpelée par leurs difficultés que je savais présentes mais dont j’ignorais l’intensité. Une belle remise en question s’est opérée chez moi.
Par la suite, différents outils numériques nous ont été présentés : que ce soit des outils à utiliser par les élèves eux-mêmes ou ceux que nous, enseignants, nous pouvons utiliser pour remettre un texte en page en quelques clics par exemple. J’ai été surprise de la facilité pour effectuer ces différentes actions.
Pour terminer, j’ai découvert quelques bons « filons » dont j’ai fait profiter certains de mes élèves en cette fin d’année scolaire.
Je recommande cette formation à tous les enseignants afin que chacun prenne conscience des difficultés de nos élèves et surtout se rende compte qu’il est facile de mettre en place quelques aménagements qui peuvent leur changer la vie au niveau scolaire (tant pour les enseignants eux-mêmes que pour les élèves). »
Candy, institutrice en P5-P6