Actualite - Editorial de juin 2026

Editorial de juin 2026

Une fin d'année chahutée ...

Cette fin d’année scolaire s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu pour le monde de l’enseignement. Le projet de décret-programme, puis son adoption par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ont suscité de nombreuses réactions parmi les enseignants, les directions, les parents et plus largement les acteurs de terrain. 

Les contraintes budgétaires auxquelles le gouvernement est confronté sont réelles et ne peuvent être ignorées. Pour autant, lorsqu’il s’agit de réformes touchant directement l’école, ses équipes éducatives, les familles et les élèves, la concertation reste indispensable. Sans dialogue suffisant avec les représentants des acteurs concernés, le risque est grand de voir s’installer un sentiment d’incompréhension, de découragement, voire de mise à l’écart. 

Nous avons déjà eu l’occasion de le rappeler : le métier d’enseignant est essentiel pour l’avenir de notre société. Il mérite d’être mieux reconnu, non seulement sur le plan matériel, mais aussi dans le regard que le pouvoir politique et la société portent sur lui. Dans ce contexte, certaines mesures récentes peuvent malheureusement être perçues comme allant à contre-courant de cette nécessaire revalorisation. 

Au-delà de la méthode, la question du fond mérite également d’être posée. Réduire les moyens alloués à l’enseignement ne peut être envisagé sans mesurer pleinement les conséquences concrètes sur le terrain. La déclaration de politique communautaire fixe pourtant des objectifs que nous partageons largement : assurer la présence d’un enseignant chaque jour dans chaque classe, réduire le redoublement et les inégalités, favoriser l’inclusion des élèves à besoins spécifiques. Ces ambitions nécessitent des moyens, de la stabilité et une vision cohérente à long terme. 

L’APEDA reste convaincue que l’esprit du Pacte pour un enseignement d’excellence doit continuer à guider l’action publique. Cet esprit repose sur une ambition collective : construire une école plus équitable, plus inclusive et mieux outillée pour accompagner chaque élève selon ses besoins. Dans cette perspective, les choix budgétaires ne peuvent être uniquement appréhendés sous l’angle comptable. Ils doivent aussi être évalués à la lumière de leur impact sur les élèves, les familles, les équipes éducatives et la cohésion sociale. 

Notre inquiétude porte en particulier sur les élèves issus des familles les plus fragiles et sur les élèves à besoins spécifiques. Ces dernières années, des avancées importantes ont été réalisées en matière d’inclusion, grâce à l’engagement de nombreux acteurs de terrain, des familles, des professionnels et des pouvoirs publics. Il serait regrettable que ces progrès soient fragilisés. 

A l’APEDA, nous souhaitons donc réaffirmer notre volonté de dialogue constructif avec l’ensemble des responsables politiques et des acteurs de l’enseignement. Nous plaidons pour que les décisions futures puissent s’appuyer sur une concertation réelle, une analyse fine des impacts et une ambition partagée : permettre à chaque enfant, quelles que soient ses difficultés, de trouver pleinement sa place à l’école.

Geoffroy d’Aspremont 

Administrateur-délégué de l’APEDA