Comme chaque année, la Fédération Wallonie-Bruxelles a publié en février et mars les circulaires indiquant les adaptations autorisées ou non lors du CEB (enseignement primaire – Circulaire 9681) et pour le CE1D et CESS (enseignement secondaire – Circulaire 9668).
Sur la forme, l’APEDA regrette, comme chaque année, que les acteurs de terrain comme l’APEDA ou les associations de parents ne soient pas davantage associés à la réflexion sur un sujet ayant un impact déterminant pour de nombreux élèves présentant des troubles d’apprentissage. Nous constatons par ailleurs que certaines de nos demandes ne sont toujours pas prises en compte.
Pour rappel, comme cela est bien indiqué dans la fiche de la boîte à outils de l’APEDA et de l’UFAPEC, tout élève ayant un trouble attesté et ayant bénéficié d’aménagements pendant l’année, consignés ou non dans un protocole, peut en bénéficier lors de la passation des épreuves certificatives externes. Un protocole n’est pas obligatoire, mais nous le recommandons vivement.
Si l’on peut se réjouir que certaines fonctions d’aide soient autorisées, plusieurs restrictions sont néanmoins maintenues, voire renforcées dans certaines parties d’épreuves, ce qui risque de poser des difficultés aux élèves présentant des troubles d’apprentissage.
Comme je l’avais déjà signalé en 2023, la calculatrice n’est toujours pas autorisée pour les épreuves de la partie mathématique qui évaluent les compétences en calcul. Également, la dictée vocale, le correcteur et prédicteur orthographique ne sont pas autorisés à l’épreuve de production d’écrit qui évalue l’orthographe des CESS et CE1D. La dictée vocale et le prédicteur étaient pourtant autorisés par le passé.
J’en profite pour rappeler que l’orthographe française, comme l’ont brillamment mis en scène Arnaud Hoedt et Jérôme Piron dans leur spectacle « La Convivialité ou la Faute de l’orthographe » présenté lors des 60 ans de l’APEDA, a été rendue artificiellement ardue au fil du temps, jusqu’à en faire au XIXème siècle un outil de sélection sociale. Ceux qui rédigent ces circulaires devraient se demander quels buts ils recherchent par de tels interdictions.
Comment en sommes-nous encore là en 2026 ? Comment La Fédération Wallonie-Bruxelles peut prendre des décisions d’une telle rigidité face à des situations difficiles et complexes de handicap invisible ? Si on n’évalue plus strictement un élève présentant une surdité à la compréhension à l’audition, pourquoi dès lors continuer à évaluer les compétences en calcul mental d’un élève présentant une dyscalculie sans qu’il ne puisse bénéficier d’aucune aide ? Même chose pour l’évaluation de l’orthographe d’un élève présentant un trouble lié à la lecture ou l’orthographe, pourquoi lui interdire correcteur et prédicteur à l’épreuve certificative de production d’écrit alors qu’il a pu en bénéficier pendant l’année ? De nombreux acteurs de terrains – associations, fédérations d’associations de parents, thérapeutes, et même des membres des pôles territoriaux – partagent notre questionnement.
Nous continuons à penser que ces interdictions vont à l’encontre des décrets sur l’inclusion, de la philosophie du Pacte pour un enseignement d’Excellence, contre les référentiels, et forcément contre l’équité et la justice sociale qui doivent rester au cœur d’une école qui souhaite offrir à toutes et tous, dont celles et ceux en situation de handicap, les meilleures chances.
La suppression de la première différenciée dès l’année prochaine ainsi que le relèvement du seuil de réussite à 60 % vont de surcroît augmenter l’inquiétude, tant pour les élèves présentant des troubles d’apprentissage que pour leurs parents. La fin d’année scolaire risque d’être particulièrement source d’angoisse, dans un contexte d’incertitude quant à la suite de leur parcours.
Geoffroy d’Aspremont
Administrateur-délégué